À Rabastens, deux dealers de livres récidivent, United Souls leur apporte son soutien

À Rabastens, deux dealers de livres récidivent, United Souls leur apporte son soutien

Il était une fois un Noir et un Arabe.

Enfin, rassurez-vous tout de suite : ils sont français. Je préfère préciser, parce qu’au pays des Lumières tamisées, il faut parfois montrer trois fois sa carte d’identité avant d’avoir le droit d’aimer Molière, Césaire ou Duras.

Bref !

Ces deux-là ont eu une idée dangereuse. Une vraie idée de délinquants culturels : ouvrir une librairie engagée dans un petit village tarnais, à Rabastens, dans le Tarn.

Oui, une librairie. Pas un kebab. Pas un bar à chicha. Une librairie.

Ils se sont donc mis à dealer du livre. De la pensée en papier. De la subversion brochée. Du roman, de l’essai, de la poésie. De quoi faire transpirer les cerveaux endormis et provoquer quelques AVC chez les gardiens autoproclamés du bon goût républicain.

Et contre toute attente, la librairie cartonne.

Les gens viennent, achètent, discutent, lisent. Certains découvrent même qu’un livre peut servir à autre chose qu’à caler une table basse ou décorer une étagère Ikea.

Mais un soir, alors que la librairie s’apprête à fermer, des jeunes du village font irruption. Ils saccagent la boutique et tabassent l’Arabe, seul sur place.

Le village est choqué. Ému. Indigné. L’affaire est relayée par La Dépêche. On découvre alors, avec cette stupeur toujours un peu fatigante, que la bêtise peut être blanche, porter des baskets, parler français et vivre juste à côté de chez soi.

Mais le Noir et l’Arabe ne lâchent rien.

Parce que quand on a choisi de contribuer au dépucelage des cerveaux par la littérature, on ne baisse pas le rideau à la première descente de haine mal digérée.

Alors ils continuent.

Ils organisent des rencontres littéraires, des projections-débats, des discussions au cinéma du village. Ils transforment une librairie en lieu de résistance douce, en fabrique de liens, en poste avancé contre l’ignorance.

Et quelques années après ce drame, les voilà qui lancent la première édition du Festival international du livre indépendant : le F.I.L.I.

Un festival pour créer des ponts entre lectrices, lecteurs, éditeurs, éditrices, libraires, auteurs et autrices. Un espace pour faire circuler la parole, les imaginaires et les idées, à l’heure même où les grands propriétaires de la parole publique, de l’édition nationale et des médias mettent tranquillement en œuvre leur petite politique culturelle de la peur.

Une politique médiatique réactionnaire, parfois franchement fascisante, soigneusement emballée dans du débat d’opinion, mais toujours au service des mêmes intérêts colossaux.

Parce qu’il faut bien préserver les privilèges dans un monde où les écarts de richesse deviennent abyssaux.

Alors, à Rabastens, pendant que certains milliardaires s’achètent des chaînes d’info pour vendre de la panique en continu, deux libraires continuent de dealer des livres.

Et franchement, entre ceux qui vendent de la haine en prime time et ceux qui vendent des bouquins dans un village tarnais, on sait très bien qui fait le plus peur au système.

Alors venez soutenir les dangereux trafiquants de pensée libre.

La première édition du Festival international du livre indépendant, c’est les 20 et 21 juin à Rabastens.

Depuis Toulouse, le village est accessible en train pour 1 €. Oui, 1 €. Même le système capitaliste a parfois des failles utiles.

Venez lire, débattre, rencontrer des éditeurs, des libraires, des auteurs, des autrices, et partager un moment vivant, populaire et nécessaire.

Parce qu’un livre ouvert fera toujours plus de dégâts dans la tête qu’une chaîne d’info en continu.

United Souls et ART Weapon à Rabastens

C’est dans cet esprit que United Souls et ART Weapon ont été invités à participer à cette première édition du Festival international du livre indépendant.

Pour nous, cette invitation résonne profondément. Parce que United Souls n’est pas seulement une marque de t-shirts et de tote bags à l’effigie des figures de lutte. C’est une démarche artistique et humaniste. Une manière de faire circuler des visages, des mémoires, des combats et des héritages dans l’espace public.

À Rabastens, notre exposition XXL s’installe dans les rues de la ville. Les portraits de figures de lutte quittent les murs fermés pour dialoguer avec les passants, les façades, les places, les regards.

Ils ne sont pas là pour décorer gentiment le paysage. Ils sont là pour rappeler que les luttes ne vivent pas seulement dans les livres d’histoire, mais aussi dans nos rues, nos corps, nos vêtements, nos discussions et nos engagements quotidiens.

Installer ces visages dans l’espace public, c’est rendre hommage à celles et ceux qui ont pensé, résisté, écrit, chanté, combattu. C’est aussi faire de la ville un livre ouvert. Un livre que l’on traverse, que l’on interroge, que l’on partage.

Et dans le cadre d’un festival du livre indépendant, cette rencontre entre les mots, les images et la rue prend tout son sens.

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