Marielle Franco : la mémoire vivante d’une femme qui dérangeait l’ordre établi
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Le mercredi 25 février 2026, une décision de justice majeure est venue ravener au premier plan un nom que des millions de personnes refusent d’oublier : Marielle Franco. Un panel de la Cour suprême fédérale du Brésil a condamné à 76 ans de prison l’ex-député Chiquinho Brazão et son frère Domingos Brazão, jugés coupables d’avoir commandité l’assassinat de la conseillère municipale de Rio, le 14 mars 2018, ainsi que celui de son chauffeur Anderson Gomes.
Cette condamnation ne referme pas une histoire : elle confirme ce que Marielle dénonçait déjà de son vivant — les collusions entre pouvoir politique, violence armée et milices dans certains territoires de Rio de Janeiro.
Chez United Souls, nous croyons que la mémoire n’est pas un mausolée. C’est un outil. Un étendard. Une présence dans la rue, dans les corps, dans le quotidien. Alors aujourd’hui, nous rendons hommage à Marielle — et nous réaffirmons, fièrement : la lutte continue.
Une voix noire, une voix LGBT+, une voix du peuple
Marielle Franco n’était pas “une élue parmi d’autres”. Elle était une femme noire, issue des quartiers populaires, devenue conseillère municipale à Rio de Janeiro, et l’une des figures politiques les plus prometteuses de sa génération. Elle portait une parole rare parce qu’elle venait d’un endroit que l’on préfère souvent faire taire : celui des personnes qui vivent, au quotidien, le racisme structurel, la violence d’État, le mépris social.
Militante des droits humains, elle dénonçait avec courage la violence policière, les exécutions, l’impunité. Sa parole était claire : quand la peur gouverne, la démocratie recule.
Pourquoi l’a-t-on tuée ?
Selon la Cour suprême, l’assassinat a été ordonné en représailles à son action politique, et notamment à ce qu’elle menaçait de déranger : les intérêts des réseaux criminels et miliciens et leurs relais.
Cette affaire a mis en lumière des liens profonds entre certaines figures politiques, des milices et des mécanismes de contrôle territorial — au point d’éclairer, au-delà du crime, une question centrale : que vaut une démocratie quand des groupes armés dictent la loi à des quartiers entiers ?
Le meurtre de Marielle n’était pas seulement une exécution. C’était un message. Un avertissement adressé à toutes celles et ceux qui, comme elle, refusent de se taire.
14 mars 2018 : un choc mondial, une indignation planétaire
Le lendemain de sa mort, des centaines de milliers de personnes ont manifesté au Brésil et dans le monde. Son nom est devenu un cri : “Marielle, presente!” — une manière de dire que l’on peut assassiner un corps, mais pas une cause.
Huit années d’attente, d’obstacles, de silences, d’ombres. Et finalement, cette condamnation historique : un pas important contre l’impunité, même si aucun verdict ne “répare” l’irréparable.
United Souls : faire circuler la mémoire dans l’espace public
United Souls s’inscrit dans un devoir de mémoire : faire vivre celles et ceux dont les combats éclairent notre présent.
C’est dans cet esprit que nous rendons hommage à Marielle Franco à travers une œuvre de l’artiste Amandine Szczepaniak.
Une œuvre-symbolique : restituer ce qu’on lui a arraché
Dans cette interprétation, Amandine troque la magnificence des cheveux afro de Marielle contre cinq fleurs du Brésil, cinq couleurs, cinq fragments de vie.
- Bleu : sa jeunesse
- Rose : sa sexualité
- Violet : son esprit
- Rouge : sa passion
- Orange : sa fierté
Cette “vue d’esprit” est une tentative de restitution : rendre à Marielle — et au peuple brésilien — ce qu’un crime politique a voulu confisquer. L’art ne remplace pas la justice, mais il refuse l’effacement. Il garde les visages debout.
Faire vivre Marielle, ici et maintenant
Faire vivre Marielle, ce n’est pas seulement partager une date ou un portrait. C’est refuser que sa lutte soit transformée en simple icône.
C’est poser des questions qui dérangent :
- Qui contrôle la force, et au service de qui ?
- Pourquoi certaines vies sont-elles considérées comme “sacrifiables” ?
- Que devient la politique quand elle se confond avec la peur ?
- Comment protéger celles et ceux qui défendent les droits humains, les personnes noires, les personnes LGBT+ ?
La mémoire n’a de sens que si elle se transforme en vigilance, en solidarité, en action.
Chez United Souls, nous portons des visages qui ont réellement existé. Pas des super-héros imaginaires, mais des femmes et des hommes dont le courage a laissé une trace. Marielle Franco est de celles-là.
Aujourd’hui, au lendemain de cette condamnation historique, nous disons :
- Marielle n’est pas un souvenir.
- Marielle est une présence.
- Marielle est une boussole.
Et tant que le racisme, la violence politique et les menaces contre les minorités existeront, nous continuerons à faire circuler sa mémoire — fièrement.
Marielle, presente. La lutte continue.
